Le tissu est la première décision et la moins visible. On ne le remarque que lorsqu'il déçoit — un col qui se déforme, un coton qui bouloche, une teinte qui vire. Notre recherche commence donc par l'absence : ce qu'une matière ne doit jamais faire.
Nous préférons les fibres épaisses aux fibres légères, les grammages généreux aux grammages économiques. Un vêtement pensé pour durer ne s'allège pas — il se construit avec la même rigueur qu'un instrument, où chaque composant a une fonction, jamais un simple effet.
La couleur elle-même est traitée comme une matière : nous cherchons des teintes qui ne cherchent pas à convaincre immédiatement, mais qui tiennent dans le temps — l'obsidienne, l'archive, le méridien. Rien qui date, rien qui s'épuise.
Cette recherche n'a pas de fin. Chaque saison interroge à nouveau les mêmes questions : est-ce que ça dure ? Est-ce que ça reste juste, dans dix ans comme aujourd'hui ?